Que fait-on avec une boule qui roule mais qui n’est pas sphérique ? Ne cherchez plus. C’est une « boule de fort », à la base du jeu multiséculaire du même nom, qui est au pays de Rabelais ce que la pelote est à Guéthary.
Cet ovni a pour singularité d’être méplat : à savoir « aplati » et doté d’un côté évidé, dit « faible », et d’un autre côté lesté, le « fort ». Le but du jeu s’apparente à celui de la pétanque, à ceci près que si l’on « tire », on ne pointe pas mais on « roule ». Surtout, tout comportement « excessif » est proscrit par une étiquette à l’anglo-saxonne.
Les origines de la boule de fort sont très incertaines. Il apparait vers le milieu du XVIe siècle. La tradition orale fixe sa naissance au cœur du pays maraîcher de la Vallée de l'Authion, sur la rive droite de la Loire. Vous pourrez assister à une partie à Lerné, près de Chinon, derrière une vitre sans tain, histoire de ne pas déranger les « rouleurs ».
Pour mémoire, Lerné se situe à deux pas de Seuilly, où naquit François Rabelais (1494-1553), et demeure le fief littéraire du fameux roi Picrochole, qui donna son nom à la plus parodique des guerres, déclenchée au nom de la fouace (une délectable galette fourrée aux rillettes de Tours, NDLR). La boule de fort regroupe 50 000 pratiquants en Touraine et en Anjou, répartis en 390 sociétés.
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