Derrière des volets verts, l’âme du poète flotte dans une bulle de nostalgie. Et les souvenirs sont à leur place, dans les tiroirs…
« Elle est si jolie avec ses volets verts/Sa fraîcheur l'été et sa douceur l'hiver/Y a des souvenirs au fond de chaqu' tiroir/Des parfums dans les placards/Les trains qui vont la nuit/ Nous chantent des chansons/Maman, ne vends pas la maison... » (Maman, ne vends pas la maison, 1935).
Rien n’a changé, sauf l’adresse. Le 2, rue Anatole-France est devenu le 13, avenue Charles-Trenet. Pourquoi le 13 ? Une fantaisie fétichiste de l’artiste né ici même, à ce carrefour bruyant entre la gendarmerie et la voie ferrée, le 18 mai 1913.
La petite enfance de l’immortel auteur de "la Mer" a été bercée entre ces murs, par sa grand-mère, sa tante Emilie et sa maman Marie-Louise. Tandis que papa Lucien était à la guerre, la « Der des ders ». Le père revenu du front, Mme Trenet mère s’envola rejoindre son amant, un imprésario hongrois. « Une maman partant pour Budapest/Ma vieille maison avec sa tonnellerie/Et près de la gendarmerie, les express… » (Fidèle, 1971).
L’attachement au foyer originel du petit Charles devenu « fou chantant » ne se démentit jamais. A l’âge de 79 ans, il en fit don à la ville de Narbonne. A charge qu’il ne devienne pas un musée, mais demeure cette bulle de nostalgie dont le poète tirait ses rimes. « Toute son inspiration vient d’ici », affirme la Narbonnaise Anne Bousquet, attachée au service culturel de la Ville. Y a de la joie, Je chante, Douce France, la Tramontane, la Maison du poète…. La visite se fait en chansons. Au premier, les appartements de sa mère, dont le diplôme d’institutrice est encadré. Au deuxième, ceux de Louis Charles Augustin Trenet, photographié avec les grands noms de la scène musicale, artistique et politique. Meubles d’origine, objets intimes, photos familières sans oublier les « souvenirs au fond de chaque tiroir » semblent attendre le retour pour le week-end de l’éternel Charles, chéri de Marie-Louise.
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