En août, l’abbaye cistercienne accueille la troisième édition du festival de musique et d’histoire dont le musicien catalan est l’âme.
Tellement vrai : « Si une écoute banale équivaut à se baigner dans une baignoire ou une piscine, écouter de la musique à Fontfroide c’est s’immerger dans la mer », affirme le musicien catalan Jordi Savall. Il a découvert le joyau cistercien voilà une quinzaine d’années. Pour lui, il y avait déjà la proximité de Narbonne avec Barcelone : « Seulement deux heures en voiture, entre les deux les Pyrénées mais pas de frontière culturelle. » Et il y a eu un enregistrement, à Fontfroide, de son épouse, la soprano Montserrat Figueras. Ainsi devait naître le festival de musique et d’histoire…
« Ici le sacré possède une dimension singulière », s’extasie l’homme à la viole de gambe. « Chaque note rencontre un écho dans la pierre qui l’amplifie et l’enrichit. L’architecture a été conçue pour remplir l’acoustique de manière magique avec seulement 4 ou 5 chanteurs donnant l’impression d’être vingt. Il ne s’agissait pas de musiques décoratives mais mystiques, touchant au plus profond de la sensibilité, de la foi, de la croyance, essentielles dans la vie des humains. »
Une seule âme partagée par tous
« Les pierres n’ont pas de préjugés. Elles acceptent n’importe quelle musique, si la musique est belle. C’est la leçon de ces lieux créés autour d’une religion donnée – le christianisme en l’occurrence. Synagogue à Tolède, mosquée à Cordoue, abbaye cistercienne à Narbonne… Ces endroits deviennent des œuvres d’art absolues qui dépassent et transcendent leur fonction première. A travers la musique, on touche dans l’humain une seule et même âme partagée par tous au-delà des confessions. C’est le sens du message que nous essayons de faire passer, un message spirituel universel », explique Jordi Savall.
Au final, Jérusalem ville des deux paix
Le programme de la troisième édition du festival de musique et d’histoire de Fontfroide (du 1er au 5 août) est plus que jamais placé sous le signe du dialogue interculturel dont Jordi est l’ambassadeur désigné. S’y croiseront un portrait de la femme ibérique interprétée par Montserrat Figueras, les musiques nocturnes de Madrid. Y dialogueront le Nord et le Sud, l’Orient et l’Occident par l’entremise d’Arianna et de Ferran Savall, les enfants du maître. La thématique du final sera consacrée à Jérusalem, « ville des deux paix : la paix céleste et l’utopie d’une paix terrestre ».
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posté le 2008-07-25 22:46:05 par jules




