Les plus belles fresques romaines hors d’Italie visibles au musée d’archéologie de Narbonne proviennent d’un site de fouille situé au Nord de la ville, le Clos de la Lombarde. Son découvreur, l’archéologue Raymond Sabrié vous convie à une véritable immersion dans le monde antique et ses modes de vie. Pour lui et pour vous, les vestiges de ce quartier résidentiel romain digne de Pompéi, parlent. Ecoutez-les raconter quatre siècles d’Histoire.
01 - Histoire de l’invention du site archéologique du Clos
de la Lombarde en 1973, site de fouilles toujours actif. Raymond
Sabrié, son découvreur, se souvient de sa surprise et de son émotion
d’avoir découvert autant de vestiges en quelques sondages seulement.
02 - En – 30, Narbonne prend de l’ampleur sous l’influence de l’empereur
Auguste et devient capitale d’une vaste province. S’ensuit une crise du
logement qui verra la construction d’un quartier résidentiel romain en
périphérie de la cité antique.
03 - Quatre siècles d’histoire se superposent sur l’emplacement de la Maison
à Portiques. Ses pierres ont été remployées pour la construction d’une
basilique paléochrétienne dont les fondations et les sarcophages sont
apparents.
04- gauche de la Maison à Portiques, les vestiges d’une rue romaine qui
était couverte d’une galerie permettant de circuler à l’abri des
intempéries et en particulier de l’ardeur du soleil. Les ornières sont
visibles dans la pierre.
05- Entrée dans le secteur à péristyle de la Maison à Portiques. Un tuyau
de plomb emmenait l’eau courante destinée à la maison. Un signe de
standing assez élevé : l’architecture et la superficie de cette demeure
était comparable à celle des maisons de Pompéi.
06- La partie nord de la maison comportait un étage
destiné au logement du personnel servile. Les communs étaient orientés
au nord, les pièces réservées à la famille au sud. Une grosse pierre
calcaire marque l’emplacement de l’ancien escalier.
07- De part et d’autre du salon, les chambres des enfants. Le site a livré
le décor d’un plafond, trouvaille extrêmement rare, représentant une
ménade prise par la frénésie de la danse, visible au Musée
d’Archéologie de la ville.
08- L’atrium de cette maison pompéienne rarissime en Gaule était agrémenté
d’un bassin (compluvium) et faisait face au tablinum où le maître de
maison recevait sa clientèle et dont le décor a été renouvelé à la fin
du IIe siècle.
09- Le triclinium, la salle d’honneur, était décoré par la fresque du «
Génie de l’empereur », l’une des fresques les plus importantes visibles
au musée d’archéologie. Une œuvre politique exceptionnelle dans une
maison privée.
10-A droite de la maison au grand triclinium, sous un appentis, un vivier
dans lequel les gallo-romains élevaient des poissons de grand prix
parfois parés de bijoux, une mode autant pour l’agrément que pour les
festins.
11- La maison III, datant de la fin du IIe-début du
IIIe siècle, est dite maison au grand triclinium car sa salle de
banquets occupait 90 m2. Son sol était décoré en opus sectile composé
de 13 sortes de marbres polychrome.
12- Dans le puits de la maison III ont été trouvés
des cruches, des éléments de sculpture décorant le jardin, mais aussi
des ossements dont les squelettes de 27 bébés et celui d’un singe
rarissime dans le monde romain, un macaque de Gibraltar.
13- Conjecture sur celui qui fut le propriétaire de cette maison : un
personnage prospère qui plaçait sa fortune sous la protection d’une
déesse et faisait rehausser des fresques à la feuille d’or. Marcus
Claudius Aestivo, son nom, était peut-être un puissant armateur.
14- A droite, au fond vers le mur de clôture, les vestiges des anciens
thermes chauffés par le sol. Une boucle d’oreille a été trouvée dans un
des bassins, perdu par une dame, étonnant témoignage d’une éventuelle
mixité de l’établissement.
15- Retour aux vestiges de
l’église chrétienne identifiable par ses sarcophages. A la fin du IVe
siècle, la nouvelle religion venue d’orient n’empêche pas la
continuation, sans doute clandestine, de cultes païens tels celui
d’Isis, dont un autel a été mis au jour sur le site.