Le caractère sauvage et impénétrable des Maures a attiré les plus grands ordres monastiques au cours des siècles. La chartreuse de la Verne et l’abbaye du Thoronet sont les monuments les plus visités du Var, tandis que Notre-Dame des Anges offre le plus beau point de vue sur le massif.
La chartreuse de la Verne
Erigée dans la seconde partie du XIIe siècle sur les hauteurs de Collobrières, loin de toute habitation, la chartreuse de la Verne a connu bien des vicissitudes – incendies, pillages, conflits, peste noire… – avant d’être classée monument historique en 1921. Reconstruits aux XVII et XVIIIe siècles, les bâtiments, de toute beauté, ont été restaurés avec l’aide de l’association des amis de la Verne.
Le monastère accueille une trentaine de sœurs de Bethléem depuis 1982 mais continue de recevoir des touristes (sauf le mardi) tout le mois de janvier et durant les principales fêtes religieuses. L’accès le plus aisé se fait au départ de Collobrières, distant de 12 km. A signaler une très belle vue sur l’imposante bâtisse lorsque l’on roule en crête sur la route départementale entre Grimaud et Collobrières.
Où visiter un joyau cistercien ?
A l’Abbaye de Thoronet. A l’image des chartreux qui recherchent des « déserts » pour s’y établir, l’ordre cistercien, créé par Robert de Molesme, cherche à renouer avec la règle primitive bénédictine édictée par saint Benoît au VIe siècle : « Le monastère, si possible, sera construit de telle façon que toute chose, à savoir l’eau, le moulin, le jardin, les ateliers, soit à l’intérieur des murs, de sorte que les moines n’aient pas à se répandre à l’extérieur, ce qui n’est pas bon pour leurs âmes. » En 1157, les cisterciens trouvent ainsi réunies au Thoronet toutes les conditions d’une nouvelle installation au cœur de la Provence : « un lieu horrible et de vastes solitudes », sans oublier de l’eau en abondance. La construction s’étend sur un siècle et donne naissance à un bâtiment emblématique de la spiritualité et de l’art cistercien.
Sa beauté pure réside dans son dépouillement, à la limite de l’austérité, mais également dans l’aspect poli du calcaire des murs extérieurs. Les moines ont trouvé une astuce pour que les pierres se joignent à l’extérieur, comme si elles étaient simplement posées les unes sur les autres, en taillant ces dernières en biseau. De sorte que le mortier les maintient de l’intérieur. Un joyau de l’architecture cistercienne, à découvrir sans tarder.
La chapelle Notre-Dame des Anges
La chapelle Notre-Dame des Anges, située sur l’un des deux plus hauts sommets des Maures (780 mètres), vaut surtout grâce au panorama sur le massif. Possibilité de monter à pied, depuis Collobrières, par le GR 90 ; ou en voiture, par le col de la Fourche entre Pignans et Collobrières, en prenant tout son temps, à cause de l’étroitesse des routes et des très nombreux virages.
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