On dit que les moines chartreux ont été les premiers à les planter : les châtaigniers ont élu Collobrières pour capitale.
Collobrières se mérite. Ce petit bourg, autrefois un haut lieu de l’industrie du liège, est à peu de chose près le centre du massif des Maures. On y accède par plusieurs routes départementales, la plus directe étant celle qui vient de Pierrefeu-du-Var, à l’ouest. On découvre un village sobre, mais doté d’un certain charme, avec son Pont Vieux, qui enjambe le Real Collobrier, ses maisons basses, ses boutiques de liège, ses petits restaurants et sa fabrique de « douceurs », la Confiserie azuréenne.
Au pays des ânes volants
Collobrières est appréciée par les randonneurs de tout poil qui transitent par le GR 90, suivent le sentier botanique, partent à « l’assaut » de la chartreuse de la Verne, les cavaliers qui chevauchent « au pays des ânes volants » (topo-fiches disponibles à l’office de tourisme), ou les cyclistes qui pédalent dans les Maures sauvages, à l’ombre des châtaigniers, des chênes verts et des chênes-lièges.
Les châtaigniers, justement, sont à la fois la fierté et la marque de fabrique de cette commune qui organise chaque année les fêtes de la Châtaigne, les trois derniers dimanches d’octobre. Si l’on ajoute La Garde-Freinet, les vergers varois couvrent près de 2 000 hectares en pleine forêt, dont à peine le quart est entretenu. Un chiffre l’atteste : en 1950, la production de châtaignes dans le Var atteignait 4 000 tonnes. En 2000, 150 tonnes, et cela a encore diminué en raison des années de sécheresse. Tout comme les subéraies, les châtaigneraies ont été délaissées faute d’intérêt, de savoir-faire.
Comment sauver les châtaigneraies ?
Les propriétaires privés, dont beaucoup ne sont pas agriculteurs, se montrent cependant très attachés à leur patrimoine. Réunis au sein du Syndicat des producteurs de châtaigne du Var, aidés par le département et la région, ils entreprennent depuis quelques années des travaux de taille, de coupe, d’abattage et de renouvellement des vergers, cherchant à relancer la production d’une châtaigne des Maures aux qualités gustatives reconnues. Non, Collobrières n’est pas près d’abandonner son emblème !
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