Chaque année depuis plus de cinq siècles, le cœur de Saint-Tropez résonne de coups de tromblons : le symbole le plus éclatant d’un sentiment d’appartenance à une communauté particulière.
La grande bravade de Saint-Tropez, qui se déroule chaque année les 16, 17 et 18 mai, suit un rituel quasi immuable : les « bravadeurs », en uniforme militaire ancien, suivis de plusieurs centaines d’hommes et de femmes en habit provençal vont chercher le capitaine de ville à son domicile. On fait parler la poudre, on honore les saints patrons au cours d’une grande procession dans les rues de la cité, le tout au son des cloches, tambours, fifres et clairons. Les autres temps forts de cette fête patronale ? La messe des Mousquetaires et le pique-nique géant qui se clôt par une immense farandole. Bien au-delà du folklore, la bravade revêt une signification sociale forte : « On sent qu’il y a parmi les Varois nés au pays un désir d’affirmer leur identité », explique Bernard Romagnan.
Une grande qualité patrimoniale
Cet attaché de conservation du patrimoine au Sivu du golfe de Saint-Tropez-pays des Maures constate que ces fêtes d’origine vraisemblablement médiévale, caractéristiques des départements du Var et des Alpes-de-Haute-Provence, qui avaient quasiment disparu au début du siècle dernier, revenaient en force : « Celle de Sainte-Maxime a réapparu en 1968, celle de La Garde-Freinet en 1983 et celle de Cogolin en 1997. Seule celle de Saint-Tropez a traversé les siècles sans jamais s’interrompre, malgré les vicissitudes de l’histoire, ce qui lui confère un caractère exceptionnel, sinon unique dans le département, ainsi qu’une grande qualité patrimoniale. »
Un conseil si vous souhaitez assister à une bravade : n’oubliez pas de vous munir de coton ou de bouchons pour vous protéger les oreilles. Et évitez d’y amener de jeunes enfants ou des animaux qui pourraient être impressionnés par les coups de tromblons ou autre fusils.
> Nouvel avis, ou question



