Le champagne doit beaucoup aux femmes. Depuis deux siècles déjà , elles se sont illustrées dans les vignes de la région de Champagne.
Après la mort de leur mari, certaines femmes décident de continuer le travail de celui-ci, entre autres Mmes Bollinger, Pommery et Clicqot (surnommée la grande dame de Champagne). Au XIXe siècle, elles deviennent de véritables chefs d’entreprise. Elles contribueront ainsi à développer sa notoriété Le champagne acquiert une notoriété internationale au cours du XVIIIe siècle, grâce aux propriétaires de célèbres maisons qui en assurent la promotion, comme Claude Moët.
Mme veuve Clicquot (1777-1866)
Pleine d’audace, la jeune veuve voulait conserver les vignes de son mari. Elle crée une société dont elle prend la direction : la Maison "Veuve Clicquot Ponsardin". Mme Cliquot profitera de la victoire des coalisés à Austerlitz pour vendre massivement son champagne. La bouteille elle-même est appelée"the widow", "la viuda", "la veuve ». "Mme Clicquot abreuve la Russie", écrit Mérimée en 1853.
Mme Pommery (1819-1890)
Mme Pommery construit en 1868 un ensemble architectural, sur un terrain de 65 hectares sur la butte Saint-Nicaise rachetée à Ruinart (la plus ancienne des maisons de Champagne). 120 crayères (sortes de caves à vins d’origine gallo-romaine) sont entreprises pour permettre un meilleur vieillissement des vins. Le sculpteur châlonnais Victor Navlet exécutera dans trois d’entre elles de vastes bas-reliefs et un escalier monumental de 116 marches, qui sera inauguré en 1878. Elle réduit la pénibilité des travaux manuels en équipant ses caves de rails pour transporter les paniers à bouteilles.
Mme Bollinger (1899-1977)
Un miracle : la maison Bollinger conserve deux petites parcelles miraculeusement épargnées par le phylloxéra (sorte de puceron ravageur de la vigne)*. Ces "vieilles vignes françaises" sont un témoignage de fidélité aux spécificités traditionnelles. En 1961, pour le lancement de son millésime 1955 à Londres, un journaliste demande à Mme Bollinger si elle aime son propre champagne. Elle répond : "Je le bois quand je suis heureuse et quand je suis triste. Je le bois parfois quand je suis seule. Quand je ne le suis pas, je le considère comme obligatoire. Dans les autres circonstances, je n’y touche jamais sauf si j’ai soif."
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posté le 2011-09-14 18:59:02 par corblin




