Mondialement célèbre, méconnu en France, le dessinateur Strasbourgeois Tomi Ungerer est le seul artiste français à se voir consacrer un musée de son vivant.
« Strasbourg lui devait bien cela », souligne d’emblée Joëlle Pijaudier-Cabot, directrice des musées de la ville. Depuis 1975, la générosité de Tomi Ungerer nourrit Strasbourg de ses œuvres : 8 000 dessins originaux et sculptures, 1 500 jouets, quelque 1 300 ouvrages, anciens ou plus récents (consacrés aux arts, aux sciences, à l’histoire, à l’ethnologie et à l’Alsace), albums, revues, photographies…Il fallait un lieu unique pour rassembler cette collection. C’est fait avec l’ouverture du Centre de l’illustration Tomi Ungerer, dans les murs de la villa Greiner, dont les anagrammes sont “grenier" et “négrier". Le détail n’a pas échappé à l’artiste facétieux : « C’est un bâtiment pour la traite des esclaves que sont mes dessins, noir sur blanc. »Trois cents dessins, connus ou inédits, se succèderont sur les cimaises trois fois par an. Le musée comporte trois niveaux. Au rez-de-chaussée, les débuts à la manière de Hansi. Au premier, les best-sellers d’Ungerer destinés aux enfants. Au deuxième, l’œuvre satirique. Les érotiques se trouvent en rez-de-jardin. Une salle rend hommage aux amis illustrateurs de Tomi : Saul Steinberg, Ronald Searle et le Français André François.
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