Depuis le XIIIe siècle, les Compagnons de « l'Œuvre de Notre-Dame » veillent avec un luxe de soins sur les pierres de la cathédrale de Strasbourg. Ils sculptent à l’identique les éléments usés par le temps et, depuis quelques années, les soignent avec des techniques ultramodernes.
C’est encore une exception strasbourgeoise. L’entretien de la cathédrale n’est pas l’apanage des monuments historiques, mais d’une fondation dont la mention apparaît pour la première fois en 1246. Alimentée par les dons et revenus de ses nombreuses propriétés terriennes et urbaines – la célèbre maison Kammerzell en fait partie – « l’Œuvre de Notre-Dame » entretient la cathédrale depuis plus de 800 ans, pierre par pierre, statue par statue…
Si le travail est aujourd’hui assisté par ordinateur, le savoir-faire s’est transmis de compagnons en compagnons. Dans l’atelier, les médecins des pierres sculptent à l’identique. Qu’importe si, au cours de l’histoire tumultueuse de la cathédrale, une colonne Renaissance s’est malencontreusement glissée dans la partie romane : ils perpétuent l'anachronisme désormais inscrit dans le patrimoine.
Pour les aider dans leur travail d’une précision d’orfèvre, ils s’inspirent des doubles des statues, 10 000 au total,pieusement conservées dans un endroit tenu secret, dans la banlieue sud de Strasbourg.
Depuis vingt ans, des techniques permettent de soigner littéralement la pierre de grès abîmée par des traitements chimiques. Tantôt à l’atelier pour sculpter, tantôt perchés sur la cathédrale pour réparer, les compagnons ne ressentent pas la peur du vide, mais parfois la chair de poule.
Quand ils remplacent une statue, ils savent que, sauf cas exceptionnel, c’est la dernière fois qu’ils opèrent sur l’objet en question. La prochaine intervention n’aura lieu en moyenne que 80 ans plus tard. Et ce sont les descendants de leurs descendants qui s’attelleront à la tâche.
Pour découvrir les incroyables savoir faire de ces (re)-bâtisseurs, les Ateliers se visitent, sur rendez-vous (voir ci-contre).
C'est aux benjamins des tailleurs de pierre qu'incombe l'honneur vertigineux de pavoiser le grand édifice dans les grandes occasions, comme récemment lors du 65e anniversaire de la libération de Strasbourg (23 novembre 1944). Benjamin et Aymeric (ci-dessus) ont hissé le drapeau français au sommet de la cathédrale.
Enfin vous pouvez, vous aussi, contribuer à la sauvegarde de ce haut symbole du patrimoine gothique en participant au financement de la restauration des vitraux du bas côté sud datant des XIIe, XIIIe et XIVe siècles.
Vos dons ouvrent droit à une réduction d'impôt égale à 60% des versements pour une entreprise et de 66 % pour les particuliers dans la limite de 20% de son revenu imposable.
Par exemple, un don de 100 € pour un particulier, entraîne donc une réduction d'impôt de 66 €, soit un coût réel pour le donateur de 34 €.
Un broutille pour participer à l'éternité d'un chef d'oeuvre.
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