Dans la première moitié du XXe siècle, le riz des plaines italiennes du Piémont transitait par Modane pour alimenter la France. Derrière l'apparence d'un temple grec, la Rizerie de modane raffinait le grain brut.
A l'endroit où se tient cette rizerie, la Maison de Savoie édifia un péage pour l’entretien des empierrements et murets. Deux siècles plus tard, le débouché du tunnel ferroviaire du Fréjus et la gare internationale de Modane ont permis la naissance d’un autre commerce : celui du riz importé des régions productrices du Piémont, Vercelli, Novara ; des ports de Gênes et Marseille, importateurs de productions asiatiques.
Un bâtiment industriel atypique rappelle cette épopée rizicole d’avant-guerre : l’ancienne "rizerie des Alpes", édifice rectangulaire en forme de temple grec avec seize colonnes ioniques et deux frontons triangulaires.
Il fut construit en 1929 par des industriels italiens, Francesco Cattaneo et Guglielmo Gerardo, sur la place du marché, entre Modane-ville et le quartier de Loutraz. Attirés par la force hydraulique des torrents de Maurienne qui actionnaient à bon prix les machines et une présence sur le sol français exonérant les lourdes taxes d’export instaurées par la France, les deux hommes réceptionnaient le grain brut. Décortiquée à la meule, blanchie, polie à la peau de mouton, la céréale était glacée de talc et de glucose puis paraffinée avant d’être expédiée en sacs sur les rails de France.
Inscrite à l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques en février 1987, la rizerie des Alpes est devenue le centre d’exposition du percement des Alpes.
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