Au cœur de l’Argentière-la Bessée, son buste arbore sans doute les plus belles moustaches du Pays des Ecrins. Le monument célèbre non seulement un visionnaire, mais aussi une remarquable aventure industrielle.
Entrepreneur de travaux publics, Gilbert Planche débarque à l’Argentière en 1888, avec une idée en tête et des bouteilles plein les poches : avec elles, il part mesurer le débit des torrents, sous les regards suspicieux des habitants. Rapidement, il acquiert la certitude de pouvoir produire de l’électricité à bon compte, grâce à la force motrice de l’eau qui dévale les montagnes ! Une conception révolutionnaire, qui devance d’un siècle nos idéaux d’énergie propre et durable.
On doit à Gilbert Planche la plupart des ouvrages hydroélectriques du Pays des Ecrins : ses centrales et canalisations sont toujours en usage ! La pièce maîtresse de ce dispositif reste la conduite forcée construite pour alimenter l’usine de L’Argentière : ces canalisations gigantesques conduisent sur plus de 16 km les eaux de la Durance et du Gyr captées dans les hauteurs. Un ouvrage qui fait aujourd'hui partie intégrante du paysage des Ecrins : au-dessus de Vallouise, il franchit notamment les gorges de la Durance à l’aide d’une arche vertigineuse, qui culmine à une centaine de mètres au-dessus du cours d’eau !
Le buste de Gilbert Planche, élevé après sa mort en 1924, regarde toujours vers les conduites forcées et les usines. Dire que les habitants du Pays des Ecrins avaient failli incarcérer l’ingénieur aux curieuses bouteilles… Ils le soupçonnaient d’espionnage au profit du Kaiser !
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