Inaugurée en 1932, cette centrale hydro-électrique en forme d’église offre aux visiteurs l’opportunité, unique en France, de pénétrer dans une unité d’EDF en fonctionnement : un espace didactique dont les trois turbines produisent toujours ses 11 mW/h derrière une vitre blindée…
Un campanile, une nef, de grandes baies… De l’extérieur, l’usine des Claux abritant trois turbines hydro-électriques évoque un bâtiment religieux qui serait voué à un culte de la technologie…
Michel Marin, architecte chargé de la rénovation du bâtiment, confirme cette vocation. « Quand il s’agissait de donner un peu de monumentalité à un bâtiment, les principales référence à la disposition des architectes de l’époque, vers 1930, étaient celles de l’architecture religieuse. On retrouve ce langage à travers les grandes baies, et l’équivalent d’une croisée du transept (intersection entre le vaisseau de la nef principale et une nef secondaire perpendiculaire qui précède le chœur). L’image que l’on voulait donner était effectivement celle d’une divinisation du progrès. L’électricité arrivant dans ces fonds de vallée était, il ne faut pas l’oublier, porteuse de l’idée de progrès. »
Ian Cowburn, conservateur du patrimoine industriel de l’Argentière ajoute : « ce n’est pas pour rien que l’on appelait ces bâtiments des « cathédrales de la houille blanche ». Celle-ci possède une particularité supplémentaire dans la mesure où elle pour célèbre à sa manière l’œuvre technique et entrepreneuriale d’un homme, Gilbert Planche, qui était par ailleurs franc-maçon. Y a-t-il un lien ? En tout cas, cette usine des Claux est véritablement un monument élevé à sa mémoire. »
Entrepreneur – aventurier, Gilbert Planche est décédé à l’âge de 58 ans le 24 mai 1924 à Gap alors qu’il venait d’être réélu sous l’étiquette du parti Radical socialiste à l’Assemblée nationale. Suite à un revers de fortune, il avait alors perdu le contrôle de son empire financier et industriel après avoir investi également en Afrique.
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