Un demi-siècle durant, il a moulu, tamisé, scié. Nous avons demandé aux anciens le mystère de ce moulin pas comme les autres.
Dans le Pays des Ecrins, il existe un moulin sans ailes ni turbines pour l'actionner. Perché depuis 1915 sur une colline de Saint-Martin-de-Queyrières, il domine la vallée.
L'énigme se résout lorsque l'on visite ce beau bâtiment de pierres, aux machines quasiment intactes. Les meules, les blutoirs, et les scies battantes ont toujours été actionnées ici par des moteurs électriques alimentés par l''énergie produite sur l'usine hydroélectrique de l'Argentière-la-Bessée.
"Nous avons obtenu l'équipement électrique de la commune en échange du passage des conduites forcées sur notre territoire. Pour tout le monde, l'électricité était facturée 100 anciens francs par an et par ampoule, ce qui n'était pas cher. Et le moulin servait autant à la meunerie qu'à la scierie", raconte Adrien Daurelle, un ancien du village, conseiller municipal durant 48 ans. Ce moulin symbolise à lui seul le passage de l’énergie hydraulique à l’énergie hydro-électrique. Un premier moulin, à eau, avait en effet été abandonné en 1915 au profit de cette installation plus moderne entièrement réalisé et financé par Gilbert Planche.
Le moulin a tourné jour et nuit jusqu'au milieu des années 1960. Il constitue désormais l'un des joyaux du patrimoine industriel du Pays des Ecrins.
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