Explorer les galeries abandonnées des mines du Fournel, c'est plonger au cœur de mille ans d'histoire du Pays des Écrins. Auparavant, bien avant l’exploitation de la houille blanche puis de l'or bleu, il y avait l'argent...
Il faut descendre aux abords du torrent du Fournel pour accéder aux mines d'argent de L’Argentière-la-Bessée. Au-dessus des flots bouillonnants s'ouvrent près de 20 km de galeries, exploitées depuis l’an mille ! Les mineurs du Moyen Age utilisaient des feux de bois pour rendre la roche friable et percer ainsi des kilomètres de galeries. A coups de masses, la progression se faisait centimètre par centimètre, et le minerai était arraché de sa gangue au bout de durs mois de labeur. Les galeries seront abandonnées à la fin du Moyen Age.
Au XIXe siècle, la maîtrise de la poudre explosive ainsi que l’invention d’impressionnants mécanismes (roues hydrauliques, treuils et fabuleuses machines qui transforment l'énergie du torrent en force mécanique), permettent de creuser jusqu’à 80 m sous le lit du torrent ! L'Argentière-la-Bessée devient à cette époque la capitale du Pays des Écrins, accueillant des centaines de personnes qui vivent de la minéralurgie. Des fouilles archéologiques ont mis au jour en 1991 les vestiges d’un village minier voisin du XIXe siècle, le Suquet, où l’on a retrouvé des traces des forges, magasin et ateliers, des broyeurs, cribles à secousses, tables de lavage, etc. A découvrir lors de la visite de la mine.
Au XXe siècle, la révolution de la « houille blanche », la force hydroélectrique, entraîna l’abandon des mines et, de nos jours, l'« or bleu » des Écrins - l’eau - vaut sans doute bien tout l'argent du monde !
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