Couvrant le quart du territoire, la forêt de Maurienne abrite une remarquable diversité de biotopes. L'Union européenne a d'ailleurs décidé d'en protéger les éléments révélateurs qui se dévoilent au gré des promenades.
Tout comme la vallée qui l'abrite, la forêt ou plutôt les forêts de Maurienne présentent des caractéristiques directement liées aux deux climats que génère la barrière de Belledonne. A l'influence atlantique des Alpes externes sur la « moyenne » et « basse » Maurienne où les précipitations généreuses nourrissent « des forêts variées de feuillus, de sapins, d'épicéas et de hêtres » , note Didier Cornevin, ingénieur ONF , répond celle des Alpes internes, à partir de Modane, avec un climat sec, propice aux pins (sylvestre, sapin, mélèze). Les plus grandes étendues de pins cembros et de pins à crochets sur gypse et calcaire de la Savoie y sont d'ailleurs concentrées. Accessible par le réputé sentier du pont du Diable, depuis la redoute Marie-Christine, cet habitat forestier rare placé sous intérêt communautaire prioritaire abrite même la bruyère des neiges, espèce protégée ; et également des essences méditerranéennes. Autres illustrations de la richesse de la forêt de Maurienne : le sabot-de-Vénus, protégé à l'échelle européenne, et la Dactylorhiza lapponica, découverte pour la première fois en France, à Termignon, sont à portée de cliché.
Un peu plus bas, les forêts d'épicéas et les hêtraies, là aussi sous directive Natura 2000, réservent des itinéraires ombragés, agréables l'été, tels le sentier de Taraveray. Au départ du col d'Arves, il s'oriente vers l'est en direction du mont Charvin par une piste forestière de 200 m environ, avant de bifurquer vers la forêt domaniale du Taraveray au gré d'une sente saupoudrée de fines aiguilles de mélèzes dont les racines traversent d'un bord à l'autre. D'un petit dénivelé, il rejoint la forêt de l'Œillette, dont le petit lac est son point remarquable. Deux gentilles montées cumulant 200 m de dénivelé positif permettent de rejoindre la station du Corbier.
Bien balisés, les sentiers en forêts réservent également leurs lots de rencontres : chouettes forestières, sangliers et chevreuils, cerfs, chamois et bouquetins "***dont le massif des Encombres et la vallée des Villards sont les fiefs », note Jean-Pierre Henry, techniciens ONF côtoient les plus rares lagopèdes, tétras-lyre et perdrix bartavelle, lièvres et lapins de garenne.
Un rôle protecteur...
Aux mains de sylviculteurs privés pour un quart de son étendue, la forêt de Maurienne, essentiellement communale et domaniale, a connu plusieurs campagnes de reboisement et de « réengazonnement » adaptées aux contextes accidentés de la vallée. " Ce fut le cas au lendemain des éboulement de Pontamafrey en 1965, pour stabiliser le sol et le sous-sol ",note Christian Vauthier, de la Restauration des terrains de montagne (RTM).
…et un rempart naturel
Gîte de la faune et de la flore, la forêt mauriennaise devient, par endroits, un rempart contre les mouvements de terrain et les avalanches. Pour autant, les forêts ivres de la « merdière » à Montaimont et celle de Villarembert – les plus belles de la vallée – rappellent que l'arbre ne l'emporte pas toujours sur le roc. En Haute Maurienne, les « bois mitraillés », eux, sauvèrent bon nombre de vies en 1944
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