A Bessans, en Haute-Maurienne, on sculpte des diables en bois depuis des siècles. Les « chapoteurs » Fabrice et Georges Personnaz ont perpétué cet art populaire.
Un démon griffu déploie ses ailes de chauve-souris sur les fresques de la chapelle Saint-Antoine à Bessans. La légende contemporaine a fait un détour par la « légende dorée » de Bernard de Menthon, archidiacre d’Aoste en 966. La chronique médiévale affirme que le religieux a capturé le « démon » au Mont-Joux, grâce à son étole miraculeusement changée en chaîne.
En version profane, les « démons » étaient en réalité des hommes, gardiens du col au service d’un seigneur féodal. Accusés de brigandage et de « superstition » païenne, ils ont été délogés par le futur saint, sans doute aidé de paroissiens musclés.
Au XVIIIe siècle, sous le ciseau d’un sculpteur bessanais, saint Bernard se changera en diacre débonnaire, tenant un diable en laisse. C’est sur cette base iconographique que le diable prend sa revanche, selon une tradition entretenue par les sculpteurs Georges et Fabrice Personnaz, à l’enseigne du Chapoteur (du provençal chapoter, « tailler le bois »). Diables de Bessans, poules à sel, statues de saints constituent une grande partie de leurs œuvres inspirées de la tradition baroque et de l'art alpin.
Aujourd'hui, Fabrice Personnaz est le seul artisan sculpteur sur bois professionnel à Bessans.
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posté le 2008-09-13 18:06:57 par Jean Pasdeloup




