Bâti entre 1875 et 1880 à l’extrémité du promontoire d’Aiton, à 390 m, le fort d’Aiton a délogé un ancien palais ecclésiastique.
Pièce du système défensif dit Séré de Rivière, doté de sept casemates, il a été conçu pour 350 hommes et 16 pièces d’artillerie. Mais son rôle a essentiellement été cantonné à celui de dépôt suite au développement de nouvelles défenses (Télégraphe, Replaton, Sapey). Sa période la plus agitée se situe 1943 et 1945 aux mains successives de la Milice, de l’armée d’occupation allemande et enfin d’une résistance très active. Recyclé en centre disciplinaire entre 1962 et 1972, puis utilisé par les Chasseurs Alpins, il a été cédé à la commune en 1986.
Aujourd’hui, un bar et un restaurant de bonne renommée offrent pacifiquement une vue aussi exceptionnelle qu’autrefois stratégique.
L'inspirateur des fortifications, Raymond Adolphe Séré de Rivières (1815-1895), général polytechnicien, s’est acquis le surnom de « Vauban du XIXe » en faisant dresser près de 200 forts (sans compter blockhaus et batteries) aux frontières de la France, au lendemain de la défaite de 1870 face à la Prusse.
Dans la logique du stratège, seuls les débouchés des grandes vallées se devaient d’être défendus, parce que les Alpes forment une barrière naturelle. Dès les années 1880, les progrès des explosifs et de l’artillerie remettent en cause l’efficacité du système Séré de Rivières. Sur sa tombe, une épitaphe éloquente : « Lapides clamabunt », les pierres témoigneront…
Le 3 juin 1944, la Résistance sabote le pont ferroviaire de la Pouille, à la faveur d’une opération de diversion conduite par le groupe FTP d’Aiton.
Une partie de la vallée paiera un lourd tribut lors du repli de l’armée allemande, en août 1944. Prises d’otages, exécutions, incendies d’habitation comme à Aiton dans la soirée du 25 août. Plus loin, on découvrira dans l’église d’Argentine un vitrail en hommage aux fusillés de 1944.
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